Travailler l’été en France : ce que les employeurs doivent prévoir face aux fortes chaleurs

En été, les entreprises cherchent souvent à renforcer leurs équipes : agriculture, vendanges, BTP, production, logistique, conditionnement. Mais lorsqu’il fait chaud, la question n’est pas seulement : “avons-nous assez de personnel ?” Elle devient aussi : les conditions de travail permettent-elles de protéger les salariés ?

Travailler l’été en France : ce que les employeurs doivent prévoir face aux fortes chaleurs

L’été n’est pas seulement un enjeu d’organisation : c’est aussi un enjeu de sécurité 

La chaleur peut augmenter la fatigue, réduire la vigilance, provoquer des malaises, aggraver le risque d’accident et rendre certains travaux physiques beaucoup plus difficiles. L’INRS rappelle que le Code du travail ne fixe pas de température maximale unique au-delà de laquelle il serait automatiquement interdit de travailler ; l’employeur doit intégrer ce risque dans sa démarche générale de prévention.  

Ce que dit le Code du travail : évaluer et prévenir le risque chaleur

Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, le Code du travail prévoit un cadre spécifique pour la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense. L’employeur doit évaluer les risques liés à l’exposition des travailleurs à la chaleur, en intérieur comme en extérieur, et prévoir des mesures de prévention adaptées.  

Le document unique d’évaluation des risques professionnels doit intégrer les risques identifiés, y compris ceux liés aux ambiances thermiques.  

Pour une entreprise, cela signifie concrètement que la chaleur ne doit pas être traitée comme un simple inconfort saisonnier. C’est un risque professionnel à anticiper.

Eau fraîche : une obligation de base, renforcée en cas de chaleur intense

L’employeur doit mettre à disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche. En cas d’épisode de chaleur intense, une quantité suffisante d’eau potable fraîche doit être fournie, avec un moyen permettant de la maintenir au frais tout au long de la journée, à proximité des postes de travail, notamment pour les postes extérieurs.  

Pour le BTP, une règle spécifique prévoit au moins trois litres d’eau par jour et par travailleur.  

Ce point paraît simple, mais il est souvent déterminant. Une équipe qui travaille en extérieur, en serre, sur chantier, en récolte ou en manutention doit pouvoir boire régulièrement, sans attendre la pause principale.

Adapter l’organisation du travail

La prévention ne se limite pas à distribuer de l’eau. L’employeur doit aussi agir sur l’organisation du travail. Le Code du travail prévoit notamment des mesures comme l’adaptation des horaires, l’aménagement des postes, l’augmentation des périodes de repos, la réduction ou le report des efforts physiques importants, et le choix d’équipements adaptés pour limiter les effets des fortes températures.  

En pratique, cela peut vouloir dire:

commencer plus tôt le matin, 
éviter les tâches les plus physiques aux heures les plus chaudes, 
prévoir des pauses plus fréquentes, 
organiser une rotation des postes, 
limiter le port de charges lorsque c’est possible, 
prévoir des zones d’ombre ou de repos, 
adapter les objectifs de cadence, 
renforcer la surveillance des personnes vulnérables.

Les secteurs les plus exposés

Certains secteurs sont particulièrement concernés :

Agriculture: récoltes, maraîchage, serres, vendanges, arboriculture. 
BTP: chantiers extérieurs, toiture, coffrage, bardage, voirie. 
Logistique: quais, entrepôts non climatisés, manutention. 
Production: ateliers chauds, lignes de conditionnement, locaux mal ventilés. 
Événementiel et montage: structures temporaires, manutention, travail en extérieur.

Dans ces secteurs, l’intérim exige une coordination claire entre l’agence et l’entreprise utilisatrice. Le client organise les conditions de travail sur site ; l’agence doit comprendre les contraintes de mission et informer les intérimaires des conditions attendues.

Conclusion

La chaleur est un facteur de risque professionnel. Pour les employeurs, l’enjeu est double : maintenir l’activité tout en protégeant les salariés.

ATERIMA accompagne ses clients non seulement dans la recherche de renforts intérimaires, mais aussi dans la clarification des conditions de mission : horaires, environnement, contraintes physiques, équipement, accueil et prévention terrain.